Page:Nadaud - Chansons, 1870.djvu/242

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée
228
GUSTAVE NADAUD.



LA PETITE VILLE.


J’habite une petite ville
Où l’on tient des propos affreux ;
Nous sommes là deux ou trois mille
Citoyens des plus dangereux.
L’on médit, l’on glose, l’on tranche ;
Croiriez-vous qu’en plein jour on dit…
On dit qu’il fait beau le dimanche,
Quand il a plu le vendredi.

Pas de question qu’on n’aborde
Dans ce petit pays perdu ;
On oserait parier de corde
Dans la demeure d’un pendu.
On n’a plus de respect pour l’âge :
L’autre jour, un enfant m’a dit…
M’a dit qu’à souffler le potage,
Le potage se refroidit.

Dans ce tripot qui se déguise
Sous le nom de Cercle des Arts,
Il faut voir comme on catéchise
Les rois, les sultans et les czars.
En s’abreuvant de limonade,
Le docteur Chavasson prétend…
Prétend qu’on est toujours malade,
Quand on n’est jamais bien portant.

Une célibataire infirme
Dit qu’un berger lui jette un sort ;