Page:Nerciat - Félicia.djvu/44

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des cheveux ronds et une tonsure. Béatin, je l’ai déjà dit, était un prêtre : c’est assez le définir.

Bref, le voilà dans un fiacre à côté de ma tante qui feint les plus vifs empressements et conte que, son mari venant de partir pour quelques jours, ils pourront passer jusqu’au lendemain à Chaillot, s’il n’y a rien de mieux à faire. C’est alors que les transports du satyre n’ont plus de bornes. Ses yeux étincellent du feu de la concupiscence ; il est au troisième ciel, il jouit déjà de l’ayant-goût des plus parfaites béatitudes. Ils arrivent enfin au village. La voiture est renvoyée et le fortuné directeur introduit bien mystérieusement dans notre maison.

Mais comment le pénétrant directeur ignora-t-il cette retraite pendant qu’il était si fort en faveur ? Comment ! elle était, avant le départ de Sylvino, le théâtre de ses escapades secrètes ; et sa femme ne fut mise dans la confidence qu’à l’occasion de la conjuration projetée contre Béatin. Si vous vous étiez douté d’un asile aussi propice, docteur, vous auriez bien sollicité votre pénitente de vous le faire voir, et sans doute vous vous seriez bien trouvé du voyage ? Comme tout change ! Vous le faites aujourd’hui sous de sinistres auspices. Vous courez à votre châtiment… Mais je ne vous plains pas, vous l’avez bien mérité.




CHAPITRE XII


Suite du précédent. — Disgrâce de Béatin


Pendant que d’un côté la convoitise et la haine faisaient chacune un calcul, de l’autre, le mépris et la malignité, d’accord, préparaient leurs batteries pour accabler le vieux