Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/163

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


trop juste, je juge trop froidement les choses et vous avez eu bien des preuves de mon empire sur moi-même. Suis-je un enfant ? quoique je vous aime avec toute l’imprudence d’un enfant ! Non, je suis un homme calme et qui raisonne la passion. Je suis un homme honorable et digne en tout de votre préférence ; je suis capable de vous faire respecter aux yeux de tous ; je suis digne de votre confiance, et, désormais, tout mon sang est à vous, toute mon intelligence s’emploiera pour vous servir. Jamais une femme n’a rencontré tant d’abnégation jointe à quelque importance réelle et toutes en seraient flattées. Maintenant, je n’ai plus qu’un mot à vous dire. Admettez une épreuve. Il faut un homme bien épris pour qu’il ne recule pas devant une question de vie ou de mort. Si vous voulez savoir jusqu’à quel point vous êtes aimée ou estimée, le résultat d’une démarche que je puis faire vous apprendra sur quel bras il faut compter. Si je me suis trompé dans toutes mes suppositions, rassurez-moi, je vous en prie ! épargnez-moi quelque ridicule et, avant tout, celui de me commettre avec quelqu’un dont l’humiliation même n’aurait rien de satisfaisant pour ma vanité.

Vous allez me juger bien mal ; vous allez me croire jaloux et violent. Non, je vous l’ai dit : un mot de vous peut calmer mon esprit, une bonne