Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/187

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.




Souvenez-vous, oublieuse personne, que vous m’avez donné la permission de vous voir une heure aujourd’hui. Je vous envoie mon médaillon en bronze, pour fixer encore mieux votre souvenir… Ah ! j’ai été l’une des célébrités parisiennes et je remonterais encore aujourd’hui à cette position, que j’ai négligée pour vous, si vous me donniez lieu de chercher à vous rendre fière de moi. Vous vous plaignez de quelques heures que je vous ai fait perdre !… Mais mon amour m’a fait perdre des années, et le plus terrible encore, c’est que je ne puis plus rien sans vous… Que m’importe la Renommée, tant qu’elle ne prendra pas vos traits pour me couronner ! Jusque-là, il y aura une gloire dans laquelle la mienne s’absorbera toujours, la vôtre ! Jamais mes assiduités les plus grandes n’arriveront à vous la faire oublier. Accordez-moi quelques-uns de vos instants… Ne vous effrayez plus de me voir… Je vous avoue que je suis aujourd’hui d’une humeur fort peu tragique et que je risque beaucoup moins de vous ennuyer.