Page:Ni Marat ni Roland.djvu/6

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erreurs sont si graves, qu’à moins de le connoître personnellement, on le croiroit payé par tous les ennemis de la France et du genre humain ; et c’est lui faire, en vérité, beaucoup trop d’honneur. Brissot, avec sa marche tortueuse, ses mensonges officieux, et ses systêmes avortés, devoit être suspect aux républicains indivisibles ; Paris devoit naturellement l’avoir en horreur. Les royalistes cachés, les fédéralistes honteux, et les modérantistes insinuans, se coalisèrent pour accorder les honneurs du fauteuil contre-révolutionnaire à Brissot, qui ne s’en doutoit pas : et voilà comment Brissot, avec sa médiocrité, est devenu, sans le savoir, le prête-nom de tous les charlatans politiques. Cette ligue sourde trouve de puissans obstacles dans la masse et les lumières d’une ville de Paris, le centre de l’unité constitutionnelle.

La sanglante journée du 2 septembre est devenue un prétexte pour les fédéralistes, comme la sanglante journée du 6 octobre pour les aristocrates. Rien n’est plus oratoire que de montrer une chemise, trempée dans le sang, aux hommes foibles, aux femmes timides, et de s’écrier, avec le ci-devant châtelet : Le voilà donc connu ce secret plein d’horreur ! Je soutiendrai