Page:Ni Marat ni Roland.djvu/8

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Brissot et Vergniaud à certain projet de décret physiquement impraticable. Il faut avoir le courage de parcourir les groupes, et s’entretenir familièrement avec le peuple, avant de proposer un décret, dans les temps orageux. Ce n’est pas en provoquant les horreurs d’une troisième révolution, que nous prouverons notre amour pour l’humanité.

Depuis le 10 août, les fédéralistes, et la gente moutonnière avoient résolu de se réfugier dans le midi : je fis un article vigoureux dans la Chronique, contre ce plan désorganisateur. La journée du 2 parut une occasion décisive pour décrier et quitter Paris. Le peuple, qui n’ignore rien, en vouloit sur-tout à Roland, dont les liaisons intimes avec Brissot lui paroissoient inquiétantes. Je ne connoissois pas Roland, et lorsque, vers la mi-juin, j’invitois le peuple à remplacer provisoirement Louis XVI par le vénérable Roland, je croyois celui-ci un tout autre homme. C’est le 3 septembre qu’on me fit connoître ce ministre, chez qui j’ai dîné quatre fois. Mais cette maison, d’ailleurs très agréable par l’esprit et les graces de madame Roland ; cette maison, dont les murailles devroient être transparentes comme le crystal, me devint fastidieuse, par un comérage ridicule