Page:Ni Marat ni Roland.djvu/9

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


contre Paris, et par le fédéralisme qu’on y professoit pédantesquement. Buzot, l’ascétique Buzot y prétendoit qu’une république ne devoit pas être plus étendue que son village. Rebecqui, après avoir long-temps féraillé pour les petites républiques, soutint qu’il falloit rejeter Nice, dont le commerce feroit tort à Marseille. Bancal, au défaut de mes poumons, réfuta complettement Buzot. Je dis à Rebecqui : Vous êtes orfèvre, M. Josse ? Non, pardieu, répondit-il sérieusement ; je suis marchand de liqueurs. Roland, en nous racontant l’inconduite de vingt-cinq feuillans d’un bataillon des Lombards, en conclut vertueusement que les Parisiens sont des poltrons. Je fus le seul à observer que Paris avoit fourni trente à quarante mille combattans, dont la bravoure ne s’est pas démentie sur les frontières. J’ignore quel mal lui a fait Lille, la clef de Paris : les immortels Lillois ont reçu des lettres rebutantes du très-mortel ministre.

Roland, dont la tête n’a pas mûri dans les savantes combinaisons politiques, se fâcha puérilement, lorsqu’après avoir repoussé ses arguties fédératives, je lui conseillai la lecture d’un ouvrage qu’il ne connoissoit pas, et qu’il affecta de mépriser, en disant que ce livre anglais