Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/129

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


étaient les sauveurs, mes frères, si vous voulez trouver le chemin de la liberté.

Jamais encore il n’y a eu de Surhumain. Je les ai vu nus tous les deux, le plus grand et le plus petit homme : —

Ils se ressemblent encore trop. En vérité, j’ai trouvé que même le plus grand était — trop humain !

Ainsi parlait Zarathoustra.



DES VERTUEUX


C’est à coups de tonnerre et de feux d’artifice célestes qu’il faut parler aux sens flasques et endormis.

Mais la voix de la beauté parle bas : elle ne s’insinue que dans les âmes les plus éveillées.

Aujourd’hui mon bouclier s’est mis à vibrer doucement et à rire, c’était le frisson et le rire sacré de la beauté !

C’est de vous, ô vertueux, que ma beauté riait aujourd’hui ! Et ainsi m’arrivait sa voix : « Ils veulent encore être — payés ! »

Vous voulez encore être payés, ô vertueux ! Vous voulez être récompensés de votre vertu, avoir le ciel en place de la terre, et l’éternité en place de votre aujourd’hui ?

Et maintenant vous m’en voulez de ce que j’en-