Page:Nietzsche - La Volonté de puissance, t. 2.djvu/18

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


nos organes de la connaissance et des sens sont seulement développés par rapport à des conditions de conservation et de croissance. La confiance en la raison et ses catégories, en la dialectique, donc l’ évaluation de la logique, démontre seulement l’utilité de celle-ci pour la vie, utilité déjà démontrée par l’expérience : et non point sa « vérité ».

Qu’il faut qu’une quantité de croyance existe ; qu’il faut que l’on puisse juger ; que le doute à l’égard des valeurs essentielles fasse défaut : - ce sont les conditions premières de tout ce qui est vivant et de la vie de tout ce qui est vivant. Donc, il est nécessaire que quelque chose soit tenu pour vrai, - mais il n’est nullement nécessaire que cela soit vrai.

« Le monde-vérité et le monde-apparence » -, cette antinomie est ramenée par moi à des rapports de valeurs. Nous avons projeté nos conditions de conservation comme des attributs de l’être en général. Du fait que, pour prospérer, il nous faut de la stabilité dans notre croyance, nous sommes arrivés à affirmer que le monde-« vérité » n’est point muable et fluctuant dans le devenir, mais qu’il est l’être.

269.

Une morale, c’est-à-dire un genre de vie démontré par une longue expérience et un long examen, finit par arriver à la conscience sous forme de loi,