Page:Nietzsche - La Volonté de puissance, t. 2.djvu/20

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la puissance. Il est donc évident qu’elle grandit à chaque surcroît de puissance…

Le sens de la connaissance : ici, comme pour l’idée de « bien », de « beau », la conception doit être prise sévèrement et étroitement au point de vue anthropocentrique et biologique. Pour qu’une espèce déterminée puisse se conserver et croître dans sa puissance, il faut que sa conception de la réalité embrasse assez de choses calculables et constantes, pour qu’elle soit à même d’édifier sur cette conception un schéma de sa conduite. L’utilité de la conservation - et non point un besoin quelconque, abstrait et théorique, de ne pas être trompé - se place comme motif derrière l’évolution des organes de la connaissance…, ces organes se développent de façon à ce que leur observation suffise à nous conserver. Autrement : la mesure du besoin de connaître dépend de la mesure de croissance dans la volonté de puissance de l’espèce ; une espèce s’empare d’une quantité de réalité pour se rendre maître de celle-ci, pour la prendre à son service.

271.

Nous ne sommes pas à même d’affirmer et de nier en même temps une seule et même chose : c’est là un principe d’expérience subjective ; ce n’est pas une « nécessité », mais seulement une impossibilité qui s’exprime là.