Page:Olympe de Gouges - Lettre a Monseigneur le duc d'Orleans premier prince du sang, 1789.djvu/4

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Capitale : vous vous montrerez à ce Peuple égaré, vous lui direz que vous ne le chérissez que pour le sauver du précipice où sa frénésie l’entraîne, — Que si les loix ne sont plus observées, — Que si la subordination n’a plus d’empire, la liberté de tout entreprendre entraînera sa perte. Oui, Monseigneur, vous serez écouté, vous serez obéi comme le véritable Protecteur de tous les infortunés ; vous aurez devant les yeux l’exemple de l’obéissance : lorsque le modeste M. Bailly, le vertueux Archevêque de Vienne, &c. &c. se présentèrent à la porte, où le peuple forçoit les Gardes pour entrer ; à peine eurent-ils fait quelques sages observations, que ce même Peuple, aussi bon qu’obéissant (quand une fois il est éclairé par la voie des vertus), se retira avec douceur & tranquillité, comme un troupeau d’agneaux qui marche, devant le Berger qui les conduit.

Qui sait mieux que vous, Monseigneur ; que dans cet instant terrible, il n’y a que la voix d’un Prince chéri qui peut influer sur l’esprit des Citoyens ; & si, contre toute attente, Paris, Monseigneur, avoit le malheur de vous voir échouer dans cette