Page:Olympe de Gouges - Lettre a Monseigneur le duc d'Orleans premier prince du sang, 1789.djvu/6

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le don patriotique ; faites, Monseigneur une motion à ce sujet : ouvrez vous-même ce don, & la Patrie, suivant bientôt votre exemple, ramènera l’abondance des bleds en France, & mettra le pain au taux que le malheureux doit le manger ; Le Français vous devra non-seulement son salut, mais encore vous serez considéré comme le véritable soutien des infortunés.

C’est par cette action, Monseigneur que vous confondrez l’envie, & tous injustes soupçons ; c’est alors que vous jouirez d’un véritable succès ; c’est alors que vous mettrez dans le plus beau jour le titre de Premier Prince du Sang ; & ce titre embelli confondra éternellement vos ennemis. Si je pouvois douter un moment de toutes vos vertus, dès cet instant je me regarderois comme perdue ; dès cet instant je me verrois massacrée par le Peuple ; moi qui n’ai voulu que son bien, son repos, moi qui ai excité les belles âmes dans tous mes écrits en sa faveur, moi qui suis peut-être l’auteur de tous les bienfaits qui se sont répandus cet hiver dans la Capitale, moi enfin à qui