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Celui qui ne sait pas ce qu’est l’univers ne sait pas où il est. Celui qui ne sait pas pour quelle fin existe l’univers ne sait ni qui il est ni ce qu’est l’univers. Celui qui a négligé de s’enquérir d’une de ces choses ne pourrait même pas dire pour quelle fin il existe lui-même. Que penses-tu donc de celui qui fuit [les reproches et les injures] ou recherche [les éloges et] les applaudissements d’hommes qui ne savent ni où ils sont ni ce qu’ils sont ?
Tu veux être loué par un homme, qui se maudit lui-même trois fois dans une heure ? tu veux plaire à un homme, qui ne se plaît pas à lui-même ? Peut-il, en effet, se plaire à lui-même, celui qui se repent de presque tout ce qu’il fait ?
Il ne faut pas seulement s’unir par le souffle à l’air qui nous enveloppe, mais aussi par la pensée à l’intelligence qui embrasse tout ! La force intelligente n’est pas moins répandue
i. npô; ô Ti néçuxev; de même un peu plus bas. Si l’on maintient ces deux membres de phrase, il y a dans le raisonnement une tautologie. Mais le pronom aùTO;, qui se trouve seulement dans le second membre de phrase, indique que dans le premier le verbe néçuxev doit avoir un autre sujet. J’écrirais donc la première fois npô; 3 Ti néçuxev ô Xôa|jlo;. Le raisonnement de Marc-Aurèle est le suivant: La connaissance de l’univers est la condition de la connaissance de nous-mêmes. La plupart des hommes n’ont pas cette connaissance.
2. [Et par conséquent: ni qui il est, ni où il est, — comme il va être dit à la dernière phrase.]
3. [Il est nécessaire de restituer, dans le texte grec, la particule 5v devant le verbe ei’noi.J
4. çeuvwv rfîiav n’a aucun sens. La correction qui se présente immédiatement ii l’esprit est çeûywv r, Siiôxwv. Cette correction est la meilleure de toutes. Marc-Aurèle déclare ici, comme il l’a fait ailleurs (XI, 11), que le sage ne doit s’occuper de la louange des hommes, ni pour la rechercher ni pour la fuir. — [A la pensée XI, 1i, il n’est nullement question de la louange des hommes. Ici, on ne comprendrait pas l|ue Marc-Aurèle nous blâmât de la fuir. J’admets, d’ailleurs, la correction de R,siov i n ?) Siwxwv: elle ne suffit pas; il faut trouver un régime à çeûvwv et construire la phrase de telle sorte que Tov é-naivov se rattache naturellement à Siûxwv et à Suôxwv seul. Gataker avait senti cette nécessité. Il avait voulu lire: ô Tu>v xpoTOuvTwv r\ i]jôyov çsjywv ï| enaivov Siwxwv. Sa correction, qui ne se borne pas à compléter le texte, mais bouleverse l’ordre des mots et en fausse le sens (tôiv xpoTOûvTwv ne peut désigner ceux qui blâment), est malheureusement arbitraire. J’ai supposé la chute d’une ligne entre deux mots identiques et restitué : ô [tôv Tû>v xaTaëowvTwv i^ôyov ï|] Tov t«v xpoTOuvTwv ’Énaivov çeùymv ri Siu>xwv. Les mots que j’ai imprimés ci-dessus en italiques inrrespondent à ceux que je suppose disparus du texte grec.] en tout lieu