Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, V et VI.djvu/71
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SOCRATE.
Tu reconnais donc toi-même que secourir son ami à la guerre, c'est une chose honnête, par son rapport au bien, qui est la vaillance ?
ALCIBIADE.
Oui, je le reconnais.
SOCRATE.
Et que c'est une chose mauvaise, par son rapport au mal, c'est-à-dire, à la mort?
ALCIBIADE.
Oui.
SOCRATE.
Il suit qu'on doit appeler chaque action selon ce qu'elle produit : si tu l'appelles bonne quand il en revient du bien, [116a] il faut aussi l'appeler mauvaise quand il en revient du mal.
ALCIBIADE.
Il me le semble.
SOCRATE.
Une action n'est-elle pas honnête en tant qu'elle est bonne, et déshonnête en tant qu'elle est mauvaise ?
ALCIBIADE.
Sans contredit.
SOCRATE.
Ainsi lorsque tu dis que de secourir son ami dans les combats, c'est une action honnête, et