Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, V et VI.djvu/779

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Socrate ; vois si tu veux y consentir. — Oh ! pour la vérité, je consens que tu la dises, et je l'exige même. — M'y voici tout prêt, dit Alcibiade. Pour toi je t'engage, si ce que je dis n'est pas vrai, à m'interrompre tant qu'il te plaira, et à relever mes mensonges. [215a] Du moins n'en dirai-je aucun sciemment. Que si, dans mes souvenirs, je passe d'une chose à l'autre sans beaucoup de suite, il ne faut pas t'en étonner. En l'état ou je-suis, il n'est pas trop aisé de rendre compte clairement et avec ordre de tes originalités.

Or, mes chers amis, afin de louer Socrate, j'aurai besoin de comparaisons : lui croira peut-être que je veux plaisanter ; mais rien n'est plus sérieux, je vous assure. Je dis d'abord qu'il ressemble tout-à-fait à ces Silènes [215b] qu'on voit exposés dans les ateliers des sculpteurs.et que les artistes représentent avec une flûte ou des pipeaux à la main, et dans l'intérieur desquels, quand on les ouvre, en séparant les deux pièces dont ils se composent, on trouve renfermées des statues de divinités. Je prétends ensuite qu'il ressemble particulièrement au satyre Marsyas[1]. Quant à l'extérieur, Socrate, toi-même, tu ne

  1. Sur Marsyas et Olympοs, musiciens phrygiens, voyeζ le Mino, les Lois III. Plutarque sur la musique.
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