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NOTICE





I
AUTHENTICITÉ, DATE ET CIRCONSTANCES DE LA COMPOSITION

L’Alcibiade, qu’on appelle aussi le premier Alcibiade, pour le distinguer du dialogue sur la prière ou second Alcibiade[1], est le plus remarquable des quatre dialogues qu’on peut rapporter au temps du séjour de Platon à Mégare.

L’authenticité en a été particulièrement contestée par la critique allemande. Elle s’est appuyée, comme cela lui est arrivé trop souvent à mon avis, sur des constructions aussi illusoires qu’ingénieuses en apparence. On les trouvera résumées dans l’étude très érudite de Heinrich Dittmar sur Eschine de Sphettos (Philol. Untersuch., livraison 21, 1912, p. 65-163). D’après Dittmar, l’Alcibiade aurait été composé entre 340-330 par un philosophe de l’Académie, à l’aide d’emprunts faits au Cyrus et à l’Alcibiade d’Antisthène, à l’Alcibiade d’Eschine de Sphettos et aux Mémorables de Xénophon. Les rapprochements qu’il a signalés sont presque tous incontestables. Mais ils s’expliquent tout aussi bien, si l’on admet que l’œuvre de Platon a été au contraire le modèle dont ces divers écrivains socratiques se sont inspirés. Toutes ces hypothèses reposent sur la méconnaissance profonde de l’origina-

  1. Lequel, néanmoins, s’il est bien de Platon, doit être tenu pour antérieur.