Page:Platon - Tome V.djvu/23
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ALCIBIADE.
Comment en donnerait-on sur celles qu'on ne sait pas ?
SOCRATE.
Et n'est-il pas vrai que tu ne sais que ce que tu as appris des autres, ou ce que tu as trouvé de toi-même ?
ALCIBIADE.
Que pourrait-on savoir autrement?
SOCRATE.
Mais se peut-il que tu aies appris des autres, ou trouvé de toi-même quelque chose, lorsque tu n'as voulu ni rien apprendre ni rien chercher?
ALCIBIADE.
Cela ne se peut.
SOCRATE.
Eh bien! t'es-tu jamais avisé de chercher ou d'apprendre ce que tu croyais savoir?
ALCIBIADE.
Non, sans doute.
[106e] SOCRATE.
Et ce que tu sais présentement, il a été un temps où tu ne croyais pas le savoir ?
ALCIBIADE.
Assurément.

