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STALINON. Tu n’y es pas encore. Mais dis-moi Vite de quoi il s’agit, et sois brève. D’où vient ce vacarme chez moi ?
PARDALISQUE. Vous le saurez : apprenez une horrible folie, une scène affreuse que vient de nous faire votre servante, sans respect pour les bienséances attiques.
STALINON. Qu’est-ce donc ?
PARDALISQUE. La peur me paralyse la langue.
STALINON. Mais enfin ? ne saurai-je pas de toi ce dont il s’agit ?
PARDALISQUE. Je vais vous le dire : cette servante que vous voulez donner pour femme à votre fermier, là, dans la maison…
STALINON. Dans la maison… eh bien ?
PARDALISQUE. Elle imite l’audace des méchantes femmes ; son mari, elle le menace…
STALINON. De quoi ?
PARDALISQUE. Ah !
STALINON. Qu’y a-t-il ?
PARDALISQUE. Elle dit qu’elle lui arrachera la vie. Une épée…
STALINON. Ah ! ah !
PARDALISQUE. Une épée…
STALINON. Enfin, cette épée ?
PARDALISQUE. …à la main…
STALINON. Ciel ! pourquoi une épée ?
PARDALISQUE. Elle poursuit tout le monde dans la maison, et ne se laisse approcher de personne ; aussi chacun se cache sous les coffres, sous les lits, et n’ose souffler.
STALINON. Ah ! c’est fait de moi ! D’où peut venir cette fureur soudaine ?
PARDALISQUE. Elle est en démence.
STALINON. Je le sens, je suis le plus misérable des hommes.
PARDALISQUE. Et si vous saviez ce qu’elle a dit tout à l’heure !
STALINON. Eh bien, j’attends : qu’a-t-elle dit ?
PARDALISQUE. Écoutez donc : elle a juré par tous les dieux et toutes les déesses de tuer celui qui coucherait cette nuit avec elle.
STALINON. Me tuer !
PARDALISQUE. Tiens ! est-ce que cela vous regarde ?
STALINON. Hem !
PARDALISQUE. Qu’avez-vous à démêler avec elle ?
STALINON. La langue m’a fourché ; je voulais dire ce fermier.