Page:Poe - Derniers Contes.djvu/11

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portèrent au duc de l’Omelette l’heureux oiseau.

Ce soir-là, le duc va souper seul. Dans le secret de son cabinet, il repose languissamment sur cette ottomane pour laquelle il a sacrifié sa loyauté en enchérissant sur son roi, — la fameuse ottomane de Cadet.

Il ensevelit sa tête dans le coussin. L’horloge sonne ! Incapable de réprimer ses sentiments, Sa Grâce avale une olive. Au même moment, la porte s’ouvre doucement au son d’une suave musique, et !… le plus délicat des oiseaux se trouve en face du plus énamouré des hommes ! Mais quel malaise inexprimable jette soudain son ombre sur le visage du Duc ? — « Horreur ! — Chien ! Baptiste ! — l’oiseau ! ah, bon Dieu ! cet oiseau modeste que tu as déshabillé de ses plumes, et que tu as servi sans papier ! »

Inutile d’en dire davantage — Le Duc expire dans le paroxisme du dégoût.

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« Ha ! ha ! ha ! » dit sa Grâce le troisième jour après son décès.