Page:Poe - Derniers Contes.djvu/34

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maux-hommes debout près de la tête de l’énorme bête, une trompette à la main ; il la porta à sa bouche et en émit à notre adresse des accents retentissants, durs et désagréables que nous aurions pu prendre pour un langage articulé, s’ils n’étaient pas entièrement sortis du nez.

» Comme c’était évidemment à moi qu’il s’adressait, je fus fort embarrassé pour répondre, n’ayant pu comprendre un traître mot de ce qui avait été dit. Dans cet embarras, je me tournai du côté du crocheteur, qui s’évanouissait de peur près de moi, et je lui demandai son opinion sur l’espèce de monstre à qui nous avions affaire, sur ce qu’il voulait, et sur ces créatures qui fourmillaient sur son dos. À quoi le crocheteur répondit, aussi bien que le lui permettait sa frayeur, qu’il avait en effet entendu parler de ce monstre marin ; que c’était un cruel démon, aux entrailles de soufre, et au sang de feu, créé par de mauvais génies pour faire du mal à l’humanité ; que ces créatures qui fourmillaient sur son dos étaient une vermine, semblable à celle qui quelquefois tourmente les chats et les chiens, mais un peu plus grosse et plus