Page:Poe - Derniers Contes.djvu/38

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


« Cela devait être fort singulier, » interrompit le roi.

« Et cependant rien n’est plus vrai, » répondit Schéhérazade.

« Il me reste quelques doutes, » répliqua le roi, « mais, je vous en prie, veuillez continuer votre histoire. »

« Volontiers, » dit la reine. « La bête, poursuivit Sinbad, nageait donc, comme je l’ai dit, toujours montant et toujours descendant ; nous arrivâmes enfin à une île de plusieurs centaines de milles de circonférence, qui cependant avait été bâtie au milieu de la mer par une colonie de petits animaux semblables à des chenilles[1]. »

« Hum ! » fit le roi.

« En quittant cette île, » continua Schéhérazade (sans faire attention bien entendu à cette éjaculation inconvenante de son mari) nous arrivâmes bientôt à une autre où les forêts étaient de pierre massive, et si dure qu’elles mirent en pièces les haches les mieux trempées avec

  1. Les coralites.