Page:Poe - Derniers Contes.djvu/46

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


volonté, et qui, bien plus, avaient la détestable passion de l’humanité pour asservir d’autres créatures, et les confiner dans d’horribles et solitaires prisons jusqu’à ce qu’elles eussent rempli une tache fixée[1]. »

« Bah ! » dit le roi.

« Après avoir quitté ce pays, nous arri-

  1. « La corolle de cette fleur (l’aristolochia clematitis), qui est tubulaire, mais qui se termine en haut en membre ligulé, se gonfle à sa base en forme globulaire. La partie tubulaire est revêtue intérieurement de poils raides, pointant en bas. La partie globulaire contient le pistil, uniquement composé d’un germen et d’un stigma, et les étamines qui l’entourent. Mais les étamines, étant plus courtes que le germen même, ne peuvent décharger le pollen de manière à le jeter sur le stigma, la fleur restant toujours droite jusqu’après l’imprégnation. Et ainsi, sans quelque secours spécial et étranger, le pollen doit nécessairement tomber dans le fond de la fleur. Or, le secours donné dans ce cas par la nature est celui du Tiputa Pennicornis, un petit insecte, qui, entrant dans le tube de la corolle en quête de miel, descend jusqu’au fond, et y farfouille jusqu’à ce qu’il soit tout couvert de pollen. Mais comme il n’a pas la force de remonter à cause de la position des poils qui convergent vers le fond comme les fils d’une souricière, dans l’impatience qu’il éprouve de se voir prisonnier, il va et vient en tous sens, essayant tous les coins, jusqu’à ce qu’enfin, traversant plusieurs fois le stigma, il le couvre d’une quantité de pollen