Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/139

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imperceptible jusqu’à ce que nous entendons par une nébulosité visible, palpable, ou appréciable d’une manière quelconque.

Or, la condition de cette masse implique une rotation autour d’un axe imaginaire, — rotation, qui, commençant avec les premiers symptômes d’agrégation, a depuis lors toujours acquis de la vélocité. Les deux premiers atomes qui se sont rencontrés, partant de points non diamétralement opposés, ont dû, se précipitant un peu au delà l’un de l’autre, former un noyau pour le mouvement rotatoire en question. Comment ce mouvement a augmenté en vélocité, on le voit aisément. Les deux atomes sont rejoints par d’autres ; — une agrégation est formée. La masse continue à tourner tout en se condensant. Mais tout atome situé à la circonférence subit naturellement un mouvement plus rapide qu’un atome placé plus près du centre. Néanmoins l’atome éloigné, avec sa vélocité supérieure, se rapproche du centre, portant avec lui cette vélocité supérieure à mesure qu’il avance. Ainsi chaque atome marchant vers le centre, et s’attachant

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