Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/65

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mais, hélas ! le procédé de cette déduction échappe à l’analyse humaine ; — en tout cas, il se dérobe à la puissance expressive de toute langue humaine.

Efforçons-nous maintenant de concevoir ce qu’a pu et ce qu’a dû être la Matière dans sa condition absolue de simplicité. Ici, la Raison vole d’un seul coup vers l’Imparticularité, — vers une particule, — une particule unique, — une particule une dans son espèce, — une dans son caractère, — une dans sa nature, — une par son volume, — une par sa forme, — une particule qui soit particule à tous égards, donc, une particule amorphe et idéale, — particule absolument unique, individuelle, non divisée, mais non pas indivisible, simplement parce que Celui qui la créa par la force de sa Volonté peut très-naturellement la diviser par un exercice infiniment moins énergique de la même Volonté.

Donc, l’Unité est tout ce que j’affirme de la Matière originairement créée ; mais je me propose de démontrer que cette Unité est un principe largement suffisant pour expliquer la constitution, les