Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/99

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physique, devaient humblement et tranquillement s’arrêter à cette conclusion, qu’il n’en existait absolument aucun ; mais il est presque impossible de concevoir que Leibnitz, ayant épuisé dans ses recherches les domaines de la physique, n’ait pas marché droit, plein de hardiesse et de confiance, à travers ce vieux labyrinthe du royaume de la Métaphysique qui lui était si familier. Il est évident qu’il a dû s’aventurer à la recherche du trésor ; — s’il ne l’a pas trouvé, c’est peut-être, après tout, parce que sa merveilleuse conductrice, son Imagination, n’était pas suffisamment adulte ou assez bien éduquée pour le diriger dans la bonne route.

J’observais tout à l’heure qu’il avait été fait de vagues tentatives pour attribuer la Gravitation à de certaines forces très-douteuses, dont le nom affecte la désinence isme. Mais ces tentatives, quoique considérées très-justement comme hardies, n’ont pas visé plus loin qu’à la généralité, à la pure généralité de la Loi newtonienne. Aucun effort d’explication, aucun effort heureux, à ma connaissance, n’a été fait relativement à son modus operandi. C’est