Page:Ponchon - La Muse au cabaret, 1920.djvu/201

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COLLIGNONNE


À Adolphe Willette.


 
Ces jours-ci je hélai dans la rue un cocher.
Elle était fort jolie, à ne vous rien cacher.
— Rassurez-vous, lecteur, et vous de même, chère
Lectrice, ce cocher était une cochère.
« Où nous allons, patron ? » demanda-t-elle. Et moi,
J’eus envie, un instant, de répondre : « Chez toi ».
Et puis, je me retins. « Où vous voudrez, » lui dis-je.
« All right ! » Je montai donc près de ma callipyge,
Sur le siège, avec son consentement muet.
Cocotte s’activa sous un bon coup de fouet ;
Et nous voilà partis. Alors, nous devisâmes,
L’Automédone et moi, tout comme deux sœurs âmes,
Ou mieux je la laissai parler, me tenant coi.
Elle me raconta, tout d’abord, comme quoi
Elle fut, tout enfant, au barreau destinée
Par son père, dont elle était la fille aînée.