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DEUXIÈME PARTIE[1]

CHAPITRE PREMIER


M. de Charlus dans le monde. — Un médecin. — Face caractéristique de Mme de Vaugoubert. — Mme d’Arpajon, le jet d’eau d’Hubert Robert et la gaieté du grand-duc Wladimir. — Mme d’Amoncourt de Citri, Mme de Saint-Euverte, etc. — Curieuse conversation entre Swann et le prince de Guermantes. — Albertine au téléphone. — Visites en attendant mon dernier et deuxième séjour à Balbec. — Arrivée à Balbec. — Les intermittences du cœur.


Comme je n’étais pas pressé d’arriver à cette soirée des Guermantes où je n’étais pas certain d’être invité, je restais oisif dehors ; mais le jour d’été ne semblait pas avoir plus de hâte que moi à bouger. Bien qu’il fût plus de neuf heures, c’était lui encore qui sur la place de la Concorde donnait à l’obélisque de Louqsor un air de nougat rose. Puis il en modifia la teinte et le changea en une matière métallique, de sorte que l’obélisque ne devint pas seulement plus précieux, mais sembla aminci et presque flexible. On s’imaginait qu’on aurait pu tordre, qu’on avait

  1. Cette division en deux parties (Sodome et Gomorrhe I et II) est celle que Marcel Proust a établie pour la première édition de l’ouvrage.