Page:Régnier - Les Médailles d’argile, 1903.djvu/30

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Et ce n’est pas ainsi, hélas ! qu’elle fut belle.
Si tu voulais tourner le revers, tu verrais
Sa véridique image et son visage vrai :
Admire, dans ses yeux j’ai mis toute sa haine ;
La vois-tu maintenant, rude, vile et hautaine
Et belle de l’orgueil de sa dure beauté,
Telle qu’à mon amour jadis elle a été.
Perfide, impitoyable et fourbement amère ?
Mais, pour exorciser sa ruse et sa colère
Dont mon âme se trouble et se méfie encor,
D’elle, j’ai figuré cette tête sans corps
Afin que pour jamais sa cruelle effigie
Goutte à goutte saignât dans l’argile rougie.