Page:Régnier - Les Médailles d’argile, 1903.djvu/31

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ÉTÉ



La source fraîche abonde aux pieds nus de l’Eté
Qui mire à ce miroir sa face qui s’y penche
Entre les fleurs de l’herbe et les fruits de la branche,
Couronne de jeunesse et de limpidité.

Je rêvais de chair moite où mord la volupté,
Pomme, contour de sein ; poire, galbe de hanche,
Et je cherchais mon rêve au bruit où l’eau s’épanche,
Et l’argile cédait à mon pouce humecté,

Quand tu vins, curieuse, inquiète et farouche,
Nue et mordant un fruit qui jutait à ta bouche,
Sourire à mon travail et devant moi t’asseoir.

Et comme la médaille était grande tout juste,
Faunesse, j’ai sculpté ton visage sans voir
A ton double sabot bifurquer l’ongle fruste.