Page:Résurrection trad Wyzewa.djvu/286

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s———¤ 282 ansuaascriou forte odeur de mauvaise cuisine! Près du poêle se tenait une vieille femme dont les manches retroussées met- taient à nu les bras maigres et les mains noires aux veines saillantes. i -— C’est notre barine, qui est entré nous faire visite en passant! -—- lui dit le vieux. — Mon humble salut! —— Et la vieille femme, en s’inelînant, ramenait sur ses bras les manches de sa chemise. —- J ’ai voulu voir un peu comment vous viviez! — dit Nekhludov. ——— Eli bien! tu peux le voir, comment nous vivons! » - répondit hardiment la vieille femme, en secouant la y tête d’un geste expressif. - L’isba menace de s’écrouler: y bien sûr, elle tuera que!qu’un. Mais le vieux trouve que c’est bien ainsi! Et alors nous vivons, nous menons ” grand train! Tu vois, je m’occupe à faire le dîner. Toute la maison, c’est moi qui la nourris! —— Et qu’est—ce que vous allez manger pour dîner? -— Ce que nous allons manger? Oh! nous allons nous y en payer ! Premier plat: du pain et du kvass; deuxième y plat, du kvass et du pain ! Et la vieille se mit a rire, ouvrant toute grande sa i bouche édentee. — Non, mais, sans plaisanterie, montrez-moi ce que vous allez manger aujourd’hui! — Eh bien! la mere, ——- ditle vieux, —montre-le-lui! l Sa femme seeoua de nouveau la tête. i —— Ha! ha ! on a eul`idée de venir voir notre nourriture de moujiks! Ah! tu es un drôle de barine, je n‘en ai jamais vu comme toi! Tout, il veut tout connaître. Eh bien! nous allons avoir du pain et du kvass, et puis de la soupe aux choux, et puis encore des pommes de terre. - Et c’est tout? - Qu’est-ce que tu voudrais encore de plus ? -· répondit la vieille femme en souriant d`un air fin, les yeux tournés vers la porte. Par la porte, restée ouverte, Nekhludov vit que le cor-

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