Page:Rabelais - Pantagruel, ca 1530.djvu/46

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goul houst, daguez daguez nou croupys fost bardou noflist nou grou. Agou paston tol nalprissys hourtou los ectabanous, prou dhouquys brol panygou den bascrou nou dous caguous goulfren goul oust troppassou. Ientends ce me semble, dist Pantagruel : car ou c’est langaige de mon pays de Utopie, ou bien luy ressemble quant au son. Et comme il vouloit commencer quelque propos, le compaignon dist. Jam toties vos per sacra perque deos deasque omnis otestatus sum, ut si qua vos pietas permovet, egestatem meam solaremini, nec hilum proficio clamans et eiulans. Sinite, queso, sinito viri impii quo me fata vocant abire, nec ultra vanis vestris interpellationibus obtundatis, memores veteris illius adagii, quo venter famelicus auriculis carere dicitur. Dea mon amy dist Pantagruel, ne sçavez vous parler françoys ? Si fois tresbien seigneur, respondit le compaignon, Dieu mercy : c’est ma langue naturelle et maternelle, car ie suis né et ay esté nourry ieune au iardin de France. Doncques, dist Pantagruel, Racomptez nous, quel est vostre nom, et dont vous venez. Car par ma foy ie vous ay ià pris en amour si grande, que si vous condescendez à mon vouloir, vous ne bougerez iamais de ma compaignie, et vous et moy ferons ung nouveau per d’amytié telle que fut entre Enée et Achates. Seigneur dist le compaignon. Mon vray et propre nom de baptesme, est Panurge, et à present viens de Turcquie, ou ie fuz mené prisonnier lors qu’on alla à Metelin en la male heure. Et voulentiers vous racompteroys mes fortunes qui sont plus merveilleuses, que celles de Ulysses, mais puisqu’il vous plaist me retenir avecques vous, et que ie accepte voulentiers l’offre protestant iamais