Page:Racine Œuvres complètes 1827 tome 2.djvu/12

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4 PRÉFACE,

clination ne me porteroit pas à le prendre pour modèle si j'avois à faire une comédie ; et que j'ahnerois beaucoup mieux imiter la régularité de Ménandre et de Térence que la liberté de Plaute et d'Aristophane. On me répondit que ce n'étoit pas une comédie qu'on me demandoit, et qu'on vouloit seulement voir si les bons mots d'Aristophane auroientquelque grâce dans notre langue. Ainsi, moitié en m'encourageant, moi- tié en mettant eux-mêmes la main à l'œuvre, mes amis me firent commencer une pièce qui ne tarda guère à être achevée.

Cependant la plupart du monde ne se soucie point de l'intention ni de la diligence des au- teurs. On examina d'abord mon amusement comme on auroitfait une tragédie. Ceux même qui s'y étoient le plus divertis eurent peur de n'avoir pas ri dans les règles, et trouvèrent mauvais que je n'eusse pas songé plus sérieuse- ment à les faire rire. Quelques autres s'imagi- nèrent qu'il étoit bienséant à eux de s'y en- nuyer,et quelesmatièresdepalais ne pouvoicut pas être un sujet dedivertissement pourles gens

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