Page:Racine Théâtre Barbou 1760 tome2.djvu/309

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TRAGÉDIE. 501

Hippolyte, en partant , fuit une autre ennemie. Je fuis , je l'avouerai , cette jeune Aricie , Refte d'un fang fatal conjuré contre nous,

Thêkaménb. Quoi, vous-même. Seigneur, la perlecutez-vons ? Jamais l'aimable f«-eur des cruels Pallantidcs Trempa-t-elle aux complots de Ces frères perfides î Et devez-vous hair fcs innocens appas î

H I P P O L Y T E.

Si je la haiflbis, je ne la fuirois pas» Théraméne^

Seigneur, m'eft-il permis d'expliquer votre fuite? Pourriez-vous n'être plus ce fuperbe Hippolyte, Implacable ennemi des amourcufes loix , Et d'un joug que Théfée a fubi tant de fois ? Vénus, par votre orgueil fi long-temps méprifée , VoMdroit-elIe à la fin juftifier ïhéfce î Et vous mettant au rang du refte des mortels , Vous a-t-elle forcé d'enccnfcr fes autels ? Aimeriez-vous, Seigneur?

Hippolyte.

Ami , qu'ofes-tu dire ? Toi qui connoîs mon cœur depuis que^je refpire , Des fentimens d'un cœur fi fier, fi dédaigneux , Peux-tu me demander le défaveu honteux î C'cft peu qu'avec fon lait une mère Amazone M'ait fait fuçer encor cet orgueil qui t'étonne. Dans un âge plus mûr moi-même parvenu , Je me fuis applaudi , quand je me fttis connu. Attaché, près de mot, par un zèle fincère , Tu me ccntois alors l'hilloire de mon père. Tu fais combien mon ame , attentive à ta voix , S'échauffoit au récit de Ces nobles exploits 5 Quand tu me dépeignois ce héros intrépide , Confolant les mortels de l'abfcncc d'Alcide , Les monftres étouffés , &: les brigands punis , Piocufte, Cercyon, &: Scyrron, ôcSinjiis»

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