Page:Rebière - Mathématiques et mathématiciens.djvu/29

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


NOTIONS PRIMITIVES

On trouvera peut-être étrange que la géométrie ([1]) ne puisse définir aucune des choses qu’elle a pour principaux objets ; car elle ne définit ni le mouvement, ni le nombre, ni l’espace ; et cependant ces trois choses sont celles qu’elle considère particulièrement… Mais on n’en sera pas surpris, si l’on remarque que cette admirable science ne s’attachant qu’aux choses les plus simples, cette même qualité qui les rend dignes d’être ses objets, les rend incapables d’être définies ; de sorte que le manque de définition est plutôt une perfection qu’un défaut, parce qu’il ne vient pas de leur obscurité, mais au contraire de leur extrême évidence…

· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

… Quand elle (la géométrie) est arrivée aux premières vérités connues, elle s’arrête là et demande qu’on les accorde, n’ayant rien de plus clair pour les prouver ; de sorte que tout ce que la géométrie propose est parfaitement démontré, ou par la lumière naturelle, ou par les preuves. De là vient que si cette science ne

  1. Le mot est pris ici dans le sens général de mathématiques ; on dit de même géomètre pour mathématicien.