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MATHÉMATIQUES ET MATHÉMATICIENS

eux-mêmes, qu’il faut chercher la véritable source des idées géométriques, quoique leur point d’application soit plus bas, dans la sphère expérimentale, là où la matière et l’esprit se joignent et où les idées, prenant corps, nous deviennent en quelque sorte palpables.

Le monde idéal a son autonomie, ses lois distinctes, comme le monde physique. Mais ils s’appellent l’un l’autre, l’harmonie règne entre eux, jusqu’à un haut degré d’approximation qui d’ailleurs nous échappe.

Boussinesq.

L’origine des notions mathématiques a donné lieu à des controverses encore pendantes parmi les philosophes. Pour les uns, nombres et figures sont des types créés de toutes pièces par l’esprit, et qui s’imposent aux choses de l’expérience, en vertu d’une mystérieuse concordance entre la pensée et la réalité extérieure. Pour les autres, au contraire, nombres et figures ne font pas exception à cette loi générale d’après laquelle toute connaissance dériverait, soit directement, soit indirectement, de l’expérience sensible. Dans un cas, les notions mathématiques seraient des modèles ; dans l’autre, elles seraient des copies.

Ce n’est pas le lieu d’entrer dans cette controverse et de peser les raisons invoquées de part et d’autre. Il nous suffira de constater deux faits : en premier lieu, quelque opinion qu’on professe sur l’origine des notions mathématiques, on ne contestera pas qu’elles ne sont pas des représentations absolument exactes des réalités extérieures. L’unité est divisible en parties