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certain que, dans la lutte pour l’existence, nombre de ces langues primitives ont disparu ; quant à celles qui persistent, l’inventaire n’en est pas encore terminé ; on n’a guère classé méthodiquement que les groupes de dialectes parlés par les nations principales. Il reste à étudier et à fixer avec précision la place de toutes les séries de formes verbales usitées par les diverses peuplades du monde entier. Cependant, on peut essuyer de dresser des cartes glossologiques provisoires qui, tout en constatant l’état actuel de la polygénie linguistique, témoignent aussi des prodigieuses conquêtes accomplies par les langues envahissantes.
Par delà ces âges qui virent la naissance intellectuelle de l’homme véritable, l’être que l’usage de la parole devait faire progresser si merveilleusement n’était en réalité qu’un animal, ne se faisant comprendre que par des gestes, des jappements et des miaulements semblables à ceux de nos amis le chien et le chat, les candidats à l’humanité les plus rapprochés de nous [1]. Toute cette période antique, à laquelle on pourrait donner le nom de « pro-lalie » ou d’« avant-langage », peut être considérée comme antérieure à l’humanité spéciale : l’Homme ne constitua l’espèce nouvelle qu’en cessant d’être alalus [2].
L’étude des formes animales qui nous rattachent aux quadrupèdes et aux reptiles appartient à l’ère pré-anthropologique, caractérisée par le pliopithecus antiquus, dont on a trouvé un fragment de mâchoire près de Sansan, dans la vallée du Gers, et qui semble être l’animal le plus voisin de l’homme que l’on connaisse ; de là, sans doute, cette répugnance instinctive que nous avons pour le singe : nous nous reconnaissons trop en lui. Le vieil Ennius l’a dit :
Peut-être le pithécanthrope [3] fossile que le médecin Eug. Dubois a découvert, en 1894, dans les cendres volcaniques du quaternaire ancien de Java, près de Trinil, en compagnie d’animaux fossiles, dont quelques-uns appartenaient à des genres aujourd’hui disparus, fut-il