Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome I, Librairie Universelle, 1905.djvu/270
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jamais rencontré d’institutions franchement matriarcales chez les peuples pasteurs.
Même dans les hordes errantes où la descendance était réglée par la famille maternelle, comme chez les Ova-Herrero de l’Afrique méridionale, avant que la conquête — peut-être même la destruction par une armée coloniale d’Europe — n’ait modifié leurs mœurs, la femme était loin de porter le sceptre : elle obéissait, parce que la fortune vient presqu’en entier du travail de l’homme. C’est lui qui mène les bêtes au pâturage, qui les soigne et les protège contre l’ennemi, animaux féroces et maraudeurs ; c’est lui qui trait les vaches et fabrique les fromages ; il possède en même temps la force et la supériorité dans le groupement économique : les