Page:Relation d'une conspiration tramée par les nègres dans l'isle de Saint-Domingue, 1758.djvu/8

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


M. le Gouverneur averti de la conduite du P. Jésuite, lui a fait interdire l’entrée des priſons. On l’a également interdit à tous les autres Révérends Peres (Jésuites), & on veille de fort près ſur cet article. Mais la Colonie murmure de ce qu’on les quitte pour cela : car on ne dit pas tout.

Voilà, M., l’état de notre Colonie. Les empoiſonneurs au reſte demeurent beaucoup plus dans la plaine que dans la ville ; parce que François Macandal n’y eſt venu que trois fois au lieu qu’il paſſoit toutes les nuits dans les habitations de la plaine. Mais un des malheureux qu'il a inſtruits peut en inſtruire cent, & vous ne voyez que trop le progrès que ce mal a fait.

Notez que tous ces coupables ſont des Negres de prix, & de 4 à 5 000. on ne les épargne pas pour cela. Mais leurs Maîtres ſont d’autant plus malheureux, que le Roi ne leur accorde que 600 liv. par tête ſupplicié.

Nota. Par une autre Lettre écrite du même lieu, le 8 novembre 1758, on apprend "que les Negres cherchent à ſe rendre maîtres du pays, en faiſant périr tous les Blancs ; qu’on a brûlé les principaux Chefs de ces ſéditieux, & que huit ont été arrêtés depuis peu à la ſource qui fournit l’eau aux cazernes ; leur deſſein étoit d'introduire du poiſon dans le canal qui conduit l’eau à la fontaine, & par-là, faire périr les Troupes qui ſeules les retiennent, & les empêchent de faire périr tous les Blancs."


Fin