Page:René Crevel La Mort Difficile 1926 Simon Kra Editeur.djvu/43

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naires des créatures n’en eût pas fait son ami. Mais laissons là Bruggle, les Américains, les juifs et revenons à nos Russes et à M. Blok envers qui sa femme s’est montrée vraiment trop indulgente. Pourquoi lui permettait-elle de la traiter aussi mal ? C’est à ne pas croire. Mais qu’espérait-elle donc d’un tel homme.

— Rien, Louisa.

Rien, car l’amour seul liait à celui du Slave le destin d’Herminie.

C’est juste. L’amour. Péché avoué, péché à moitié pardonné, et puis aussi à tout péché miséricorde. Puisque Mme Blok s’est confessée, qu’elle ne soit pas accablée, mais qu’elle continue son récit. Donc ce suicide… ?

Ce suicide, celle qu’il rendit veuve se le rappelle dans tous ses détails, oui, dans tous ses détails, comme s’il datait d’hier.

Mme Dumont-Dufour se cale dans sa bergère, et prononce un « alors » qui veut dire exactement : Allons-y.

Et on y va.

Déjà la victime a commencé. Début de juillet 1914. Un samedi soir. Les Blok vont quitter Paris et le tailleur de monsieur a livré dans la journée un costume à grands carreaux. Du salon de Mme Dumont-Dufour et après plus de onze ans, sa pauvre femme voit encore ce tableau. Dimitri en manches de chemise et culottes courtes, qui pour divertir la petite Diane s’amuse à