Page:René Crevel La Mort Difficile 1926 Simon Kra Editeur.djvu/44

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faire des galipettes, car il est fort agile, en dépit de ses quarante ans bien sonnés, et vous exécute un petit saut périlleux sans le moindre effort. Le soir de sa mort, il est vrai, il dut se contenter de quelques entrechats, car les Blok avaient du monde à dîner et madame, à sept heures et un quart, interrompit les débats de son époux pour qu’il allât revêtir son smoking.

Toujours de parfaite humeur, plaisantant même, car il était vraiment à la bonne franquette, il sonne la femme de chambre, la prie de préparer sa chemise, etc., et tandis qu’il s’apprête à passer ladite chemise, Madame, d’une pièce voisine où elle troque ses jupe et blouse d’après-midi contre une robe de dîner toute neuve, une petite merveille en satin crème et rose, Madame interroge Monsieur : Dimitri as-tu sorti les liqueurs ?

— J’avais oublié ma bonne. J’y vais tout de suite.

Et de gagner son bureau où se trouvent les alcools.

Huit heures. Mme Blok au milieu de ses invités resplendit, tout satin crème et rose.

Huit heures et un quart, que Dimitri est long à s’habiller.

Huit heures et demie : les invités se regardent, la conversation languit. Une main froisse des satins crème et rose.

Neuf heures moins un quart. Le domestique va prévenir Monsieur qu’on l’attend pour servir.