Page:René Crevel La Mort Difficile 1926 Simon Kra Editeur.djvu/50

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Grâce à la dernière question de Mme Dumont-Dufour, Mme Blok a le sentiment du devoir accompli. Maintenant elle en a raconté assez long, elle peut se lever, prendre congé…

— Mais ma chère Herminie, vous venez d’arriver, nous n’avons pas encore eu le temps de parler. Ainsi je ne vous ai pas même demandé des nouvelles de cette chère Diane.

— Diane se porte à ravir. Et Pierre ?

— Oh ! Pierre n’est pas sérieux, Mme Dumont-Dufour qui n’est pourtant pas bégueule — elle l’a prouvé avec son histoire de Ratapoilopolis et sa question à propos de la mandragore — Mme Dumont-Dufour n’oserait pas raconter le quart des bêtises, non le mot n’est pas assez fort, des inconvenances — encore trop faible, il faudrait presque dire : des monstruosités — que Pierre ne craint pas de commettre. Comme lui dit sa mère, son père qui a fait bien des sottises n’aurait jamais été jusqu’à imaginer même quelques-unes de celles qui constituent l’ordinaire du jeune Dumont. Ainsi, comme si la journée ne lui suffisait pas, fort souvent il découche. M. Dumont, lui, trompait sa femme de cinq à sept, rentrait dîner, et à neuf heures et demie comme il disait : Au pieu. Voilà qui était sinon convenable, du moins méritait encore d’être à peu près toléré ! Mais Pierre, Pierre…

Mme Blok voit le portemanteau marocain que