Page:René Crevel La Mort Difficile 1926 Simon Kra Editeur.djvu/52

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-elles l’habitude de dormir toutes nues ? Tout ce qui est convenable lui semble ridicule. Je l’entends encore qui hoquetait : La liquette, les bigoudis. Je veux l’aider à se relever, fais mes observations : Pierre tu es ivre, pas même ivre, saoul, saoul comme une bourrique. L’exemple pourtant, mon petit, ton père au cabanon.

Mais allez parler sagesse à ce jeune fou. Il m’attrape par le bas de la chemise, s’y agrippe avec une telle force qu’il la déchire, me déclare qu’il va me faire ses confidences, toutes ses confidences, puis tout à coup déclare : je veux encore m’amuser, maman met ton chapeau et viens boire du whisky à Montmartre.

C’en était trop. Je suis rentrée dans ma chambre, où j’ai passé le reste de la nuit à pleurer. J’espérais des excuses pour le lendemain, eh bien, dès le réveil, notre jeune jouvenceau téléphonait, tenez, je me rappelle, c’était à votre fille cette chère Diane, et lui racontait tout, parlait de mes bigoudis, de ce qu’il appelle ma liquette, louait ses métèques d’amis et toute cette clique qui tourne la tête de nos enfants, bouleverse nos familles. Et moi qui ne demandais qu’à voir mes petits-enfants.

— Mais votre fils peut se marier.

— Pensez-vous avec les habitudes qu’il a prises… Mme Dumont-Dufour semble en vouloir dire long. Mme Blok n’est pas une ignorante Elle sait que l’amour prête à bien des combinaisons.

Et puis Mme Blok est mère. Elle a beau laisser à