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vu autant de calamités ; on croyait les dieux irrités : on redoublait de dévotion ; on fit appel aux actes expiatoires. L’attitude des chrétiens, au milieu de tout cela, restait obstinément dédaigneuse, ou même provocatrice. Souvent ils accueillaient l’arrêt de condamnation par des insultes au juge. Devant un temple, une idole, ils soufflaient comme pour repousser une chose impure, ou faisaient le signe de la croix. Il n’était pas rare de voir un chrétien s’arrêter devant une statue de Jupiter ou d’Apollon, l’interpeller, la frapper du bâton, en disant : " Eh bien, voyez, votre Dieu ne se venge pas ! " La tentation était forte alors d’arrêter le sacrilège, de le crucifier et de lui dire : " Et ton Dieu se venge-t-il ? " Les philosophes épicuriens n’étaient pas moins hostiles aux superstitions vulgaires, et cependant on ne les persécutait pas. Jamais on ne vit forcer un philosophe à sacrifier, à jurer par l’empereur, à porter des flambeaux. Le