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LETTRE DE PAUL


ÉVÊQUE DE SAÏDA, MOINE D’ANTIOCHE, À UN MUSULMAN DE SES AMIS DEMEURANT À SAÏDA




Traduction d’un manuscrit de la Bibliothèque orientale de l’Université Saint-Joseph, Beyrouth (Syrie).


I


NOTICE HISTORIQUE.


Bibliographie. — Cf. Al-Machriq, année 1898, p. 840 sqq. ; année 1901, p. 860 sqq. et p. 1022 sqq. — Le Quien, O. P., Oriens christianus, t. II, p. 814. — D’Herbelot, Bibliothèque orientale, t. I, p. 181 sqq. — Steinschneider, Polemische und apologetische Literatur in arabischer Sprache, Leipzig, 1877, p. 60 sqq.


Nous ne savons que peu de chose sur la vie de Boulos ar-Ràheb. Assemani le place au xve siècle ; mais c’est là une erreur. Ainsi que nous le verrons bientôt, un écrit de Ibn Taimiah prouve que notre auteur vivait vers la fin du xiiie siècle.

Le surnom d’Al-Anthaki, sous lequel il est connu, nous apprend qu’il était originaire d’Antioche. Il est cité aussi sous les noms de Paul d’Antioche ou Paul de Saïda, ar-Ràheb ou Ibn Ràheb, qu’il ne faut pas confondre avec un écrivain de même nom : ce dernier était égyptien et copte.

Nous savons encore par le titre de ses ouvrages que Boulos ar-Ràheb était évêque de Saïda, du rite grec-melkite. C’était, à en juger par ses écrits, un pasteur zélé et savant. Il lutta contre les Nestoriens, les Jacobites, les Monothélites et autres hérétiques de son temps ; en particulier il défendit les dogmes catholiques de la sainte Trinité et de l’Incarnation contre les Juifs et les Musulmans. Un discours prononcé à l’occasion de la conversion de quelques enfants d’Israël, nous montre que Dieu rendit son apostolat fécond.