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IX. Le Fleuve-Bleu, arrivée à Sang-Haï et retour à Saïgon [1].

A Tong-tchouan, notre voyage d’exploration était terminé. Nos forces étaient d’ailleurs épuisées comme nos ressources, et, sous le coup du funeste événement qui nous privait de notre chef, toutes nos aspirations se tournèrent vers Shang-haï. Il fallait bien encore, pour gagner cette ville, traverser la Chine presque tout entière dans son plus grand diamètre ; mais cela nous semblait facile avec le secours du Yang-tse-kiang, ce grand chemin qui marche. Après avoir eu si longtemps à lutter contre le courant du Mékong, dans une région insalubre et presque déserte, nous allions trouver enfin une compensation à nos fatigues passées, nous allions nous sentir emportés vers une ville européenne, à travers la contrée la plus peuplée de la terre, par l’un des plus puissans fleuves du monde. Toutefois nous n’étions point encore arrivés au point. Où cette grande artère est utilisée d’une manière continue par les jonques d’un fort tonnage. Quelques étapes nous séparaient de Souitcheou-fou, ville importante du Setchuen, où nous avions formé le projet de nous embarquer,

  1. Voyez la Revue du 1er avril.