Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 87.djvu/671

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affirmait que l’accroissement de la population de Londres n’avait entraîné dans cette ville immense ni grands travaux ni dépenses extraordinaires. C’est une erreur. La somme dépensée pour la seule année 1869 par le bureau métropolitain pour les grands travaux de viabilité, rues nouvelles, parcs, quais de la Tamise, s’élève à 65 millions [1]. Or la somme demandée pour les grands travaux par M. Haussmann en 1870 ne figure que pour 41 millions au budget extraordinaire de la ville de Paris. Il est vrai qu’au budget ordinaire est inscrite une autre somme de 25 millions pour le service municipal des travaux publics, c’est-à-dire l’entretien du pavage, des promenades et des égouts. En Angleterre, la canalisation souterraine avait été l’objet de dépenses spéciales et confiée à une commission spéciale (metropolitan commission of sewers), remplacée par le bureau métropolitain depuis 1853 seulement (main drainage act). Le pavage est à la charge des paroisses et districts ; le bureau central leur vient en aide par une subvention du tiers ou de la moitié de la dépense [2]. Depuis le 1er janvier 1856, date de sa fondation (metropolis management act, 1855, amendé en 1856 et 1862), le bureau métropolitain a emprunté pour les travaux publics plus de 250 millions, il en a dépensé près de 200 [3], et ces travaux ne comprennent pas ceux qui ont été faits aux frais de l’état, des compagnies et des administrations locales. La Cité, à elle seule, a consacré environ 165 millions aux travaux du petit territoire qu’elle occupe. Paris a dépensé et emprunté beaucoup plus ; mais Paris est bien plus avancé que Londres dans l’exécution des travaux nécessaires. En outre les écoles, les hôpitaux, les mairies, les églises, ne figurent pas dans les dépenses du bureau de Londres, et les compagnies financières anglaises se chargent de la plupart des grands travaux sans subvention. En définitive, les améliorations de Londres, si l’on pouvait réunir toutes les dépenses d’origine diverse qu’elles ont déjà entraînées à toutes celles qui restent à faire, auront assurément autant coûté et plus que les améliorations de Paris. Comment a-t-il été pourvu à la dépense et quel est le système financier de la ville de Londres ?

Les revenus municipaux dans la Cité et dans le reste de la ville sont produits principalement par des impôts directs. Le bureau métropolitain prélève sur les divers districts une taxe métropolitaine et une taxe spéciale pour les égouts. La Cité et chaque district ont également le droit de prélever des taxes analogues, désignées par

  1. 2,596,931 livres sterling.
  2. En 1869, 32,561 liv. sterl., soit 825,000 francs.
  3. Dette autorisée : 9,863,000 liv. sterl. Dette réalisée : 7,990,000 liv. sterl. — Discours de M. Ayrton à la séance des communes du 20 juillet 1869.