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Elle commence de bonne heure pour tout le monde, cette journée qui pour tant d’êtres pleins de vie sera la dernière. Dès 2 ou 3 heures du matin, les troupes de Frédéric-Charles et d’Herwarth, encore engourdies de sommeil, sans prendre aucune nourriture, ayant quelques-unes à parcourir jusqu’à 21 kilomètres, se dirigeaient à travers les champs détrempés, sur la rive droite de la Bistritz. Le prince Frédéric-Charles les avait allégées en les débarrassant du casque et leur avait permis la casquette et le béret. Une seule division, celle de Fransecky, se trouvait établie au nord sur la rive gauche, à Cerekewitz, De 6 à 8 heures, tout le monde était en position, prenait un peu de café, et la canonnade commençait.

Le canon prussien réveilla les Autrichiens à 7 heures. L’ordre de Benedek qui déterminait les emplacemens à occuper arrivait à peine ou n’arriva pas du tout, de telle sorte que chaque chef s’arrangea à peu près à sa guise.

Au centre, derrière les batteries, l’archiduc Ernest (IIIe corps), à cheval sur la route de Königgrätz et les hauteurs de Lipa, et Gablentz (Xe corps), en arrière de la crête de Langenhof à Lipa. — A gauche, le prince de Saxe sur la hauteur, entre Problus et Nied-Prim. Le VIIIe corps, sur le plateau de Prim et de Problus, prêt à se porter, suivant les cas, à Popowitz ou à Hradek. — A droite, le IVe corps à Maslowed. Le IIe corps, à la droite du IVe, sur les hauteurs d’Horenowes, excellente position où, son infanterie bien abritée et son artillerie sur les crêtes, il dominait la route par laquelle arriverait le Prince royal. — Ce front formait une ligne demi-circulaire de 12 kilomètres. Toutes ces troupes avaient des détachemens en avant de leur front vers la Bistritz. Les VIe et Ier corps de la réserve, les divisions de cavalerie et la réservé générale d’artillerie s’établirent sur les derrières. — Ces dispositions rendaient le fond inabordable ; les IVe et IIe corps fermaient l’ouverture entre Benatek et Racitz ; les Saxons et le VIIIe corps dominaient le débouché de Nechanitz. Cependant, la position restait encore accessible par ces deux côtés, mais en renforçant opportunément les corps qui les défendaient par les fortes réserves dont il disposait, Benedek les eût rendus presqu’aussi inexpugnables que le front.

Frédéric-Charles escarmouchait, et les Autrichiens passaient de l’emplacement de bivouac à remplacement de bataille, quand le Roi parut sur les hauteurs de Dub (8 heures). Malgré ses