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leurs positions, le IVe, en se portant directement sur Chlum, le IIe, en s’abritant sous la crête de Maslowed à Nedelist. Quoiqu’une brigade du IIIe corps, la brigade Appiano, les appuie, on peut dire que c’est encore personne. En effet, dès qu’ils voient les Prussiens surgir au milieu d’eux comme des diables sortis de terre, ils lâchent pied ; Hiller prend ce qu’il veut, le village, la hauteur, 55 canons, et il poursuit jusqu’à Rosberitz. Les deux corps qui devaient lui barrer le chemin, canonnés, fusillés, s’évadent du champ de bataille ; Nedelist et Lochenitz sont occupés, et la retraite sur Josefstadt est définitivement coupée (3 heures).

Benedek, toujours en arrêt devant le prince Frédéric-Charles, convaincu qu’il n’avait rien à redouter sur son flanc droit du Prince royal, dès que le IIe et le IVe corps auraient repris leurs postes, envoie un de ses officiers s’enquérir s’ils sont arrivés. L’officier s’en revient et lui dit que Chlum est au pouvoir des Prussiens : « Ne plaisantez donc pas si bêtement ! » fait Benedek d’un ton sévère. Et il galope vers Chlum. Les balles qui abattent un de ses aides de camp à ses côtés et sifflent autour de sa tête lui prouvent que son officier n’a pas « plaisanté bêtement. »

Son aile gauche n’était pas en meilleure situation : elle aussi venait d’être tournée. L’armée de l’Elbe avait refoulé les Saxons et le VIIIe corps sur Problus et Ober-Prim, les en avait chassés et rejetés dans le Brizer-Wald. Peut-on douter que ce fût eux qui eussent été rejetés sur Nechanitz, si une forte artillerie, appuyée par les Ier et VIIIe corps, eût été placée à Hradek ?

Le front, protégé par les batteries et les corps de Gablentz et de l’archiduc Ernest, demeurait seul intact. Il ne tarda pas à être entamé : l’intrépide Hiller, soutenu par les forces croissantes de la Garde, s’empara du bois de Lipa (3 heures et demie).

Benedek, aux abois à droite, à gauche, au centre, croit enfin venu le moment de mettre en jeu sa réserve. Il la lance à la fois sur Rosberitz et sur Chlum à droite, sur Problus à gauche ; il tente de reprendre ce que, quelques heures avant, il eût pu ne pas perdre. Ramming réussit d’abord, réoccupe Rosberitz et la partie supérieure de Chlum ; le général Hiller tombe frappé mortellement par un éclat d’obus. La brigade Piret, du Ier corps, rentre à Problus. Succès momentané. Jusqu’ici, Benedek n’a eu à lutter que contre Herwarth et le Prince royal. Voici le prince Frédéric-Charles qui entre en scène.