Page:Revue des Deux Mondes - 1903 - tome 15.djvu/93

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plaignait enfin qu’il fallût souscrire des tests religieux pour être admis dans un collège et recevoir des grades, qu’on ne pût obtenir certains fellowships ou scholarships qu’en entrant dans la clergé. Tout cela, disait-on, était un resto de moyen âge, incompatible avec les conditions de la société moderne. Ces critiques avaient d’autant plus de prise sur l’opinion que, dans les crises du tractarianisme, tous les partis, à tour de rôle, avaient eu à se plaindre des autorités universitaires. Il fallait bien reconnaître d’ailleurs que, sur plus d’un point, des réformes étaient nécessaires. Toutefois, à Oxford, la résistance était forte et avait longtemps tenu les novateurs en échec. Le vieil esprit conservateur s’indignait et s’enrayait de voir toucher à des institutions aussi vénérables. Pusey et ses amis étaient parmi les plus ardens champions de cette résistance.

Les choses en étaient là quand, en 1850, à la suite d’incidens parlementaires, lord John Russell, alors premier ministre, et qui en voulait à l’Université d’Oxford d’avoir donné naissance au tractarianisme, institua une commission d’enquête chargé d’étudier les réformes à faire. Les commissaires étaient en général hostiles au High church : l’un d’eux était Tait, alors doyen de Carlisle, futur évêque de Londres et archevêque de Cantorbéry ; le secrétaire était Stanley. Tous deux eurent une part prépondérante dans la rédaction du rapport qui résuma les travaux de la commission et conclut à d’importantes réformes. Ce rapport souleva une véritable tempête à Oxford. Il eut pour suite, en 1854, un bill qui modifia, sur plusieurs points, l’organisation universitaire, diminua les privilèges des collèges, développa le professorat, et surtout fit une première brèche dans le régime des tests religieux et des exigences cléricales. C’était la fin d’un passé, le point de départ d’une évolution qui devait continuer et aboutir à une sécularisation complète. Stanley triompha, tandis que Pusey et ses amis se lamentaient de voir déchristianiser leur vieille Université. On ne peut dire cependant que l’avenir ait justifié les alarmes des conservateurs. Après diverses vicissitudes, un état religieux a fini par s’établir à Oxford, dont les croyans déclarent aujourd’hui n’avoir pas à se plaindre : ils reconnaissent que la foi y a gagné en sérieux, en sincérité, plus que ne lui a fait perdre la suppression des privilèges officiels et des exclusions réglementaires.