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que les observations qu’on va lire ne seraient pas inutiles à la réalisation d’une tache dont personne sans doute ne méconnaîtra l’importance et la difficulté.


I. — FRANÇAIS ET RUSSES

Les sentimens d’affectueuse camaraderie entre les frères d’armes des deux nations amies et alliées se manifestèrent dès le premier jour où Russes et Français se trouvèrent en contact, et l’énumération serait longue des faits qui en témoigneraient. On connaît le concours que les Russes apportèrent à nos marins dans la défense de la concession française, aux heures les plus critiques du siège de Tien-Tsin, alors que le petit nombre de ses valeureux défenseurs permettait à peine d’occuper le Consulat et quelques autres points importans, et qu’ainsi la plus grande partie de la concession française se trouvait à la merci d’un coup de main des Chinois. L’ambulance, vaste et parfaitement aménagée, que les Russes avaient installée dès leur arrivée, à Takou, contenait autant de Français que de Russes, et de notre côté, notre hôpital de Tien-Tsin n’avait pas reçu et soigné moins de trois cents malades ou blessés russes au cours du siège des Légations. On sait encore que c’est aux remorqueurs et aux chalands russes que notre escadre, qui ne disposait au début que d’un matériel absolument insuffisant, eut recours pour le débarquement à Takou de nos premières troupes et de leurs approvisionnemens. Celles-ci, au fur et à mesure de leur arrivée devant Tien-Tsin, étaient accueillies par nos alliés avec des transports de joie, et c’est aux accens de la fanfare russe, envoyée à leur rencontre par le général Stessel, avec accompagnement du bruit de la canonnade et du crépitement de la fusillade des Chinois, que quelques-unes de nos troupes, oubliant les fatigues d’une épouvantable étape, défilèrent le long du camp russe et firent crânement leur entrée dans Tien-Tsin.

Un autre fait est à citer. Quelques jours après son arrivée à Tien-Tsin, le général Frey envoyait un détachement de marins ù la recherche de jonques et de sampans, dont notre contingent était absolument dépourvu, et qui allaient constituer notre unique moyen de transport et de ravitaillement dans la marche sur Pékin. Ordre était donné au chef du détachement de s’en